Vice-Versa : Bienvenue dans la réalité !

A l’annonce de la sortie de ce film d’animation je suis restée assez septique, puis après plusieurs semaines à l’affiche, je me suis finalement laissée tenter. Et quelle surprise !

Nous voilà à des années lumières des traditionnels et classiques Disney. Ici, pas de princesse ni de prince charmant, pas de chanson ni de magie, seulement des petites créatures de couleurs absolument craquantes. Par ce moyen, les studios Disney-Pixar nous présentent une splendide illustration de ce qu’il se passe dans le cerveau humain. En effet, Vice-Versa rend accessible à tous le fonctionnement de la mémoire, des émotions, comportements et réactions de chacun d’entre nous.

Vice-Versa-émitions

Ayant eu l’occasion d’étudier ces divers mécanismes lors de mes études, je peux aisément dire qu’il s’agit de quelque chose de complexe et relativement scientifique. Il faut alors faire appel à la Psychophysiologie et à la Psychologie Cognitive pour parvenir à mettre en lumière ce qui sous-tend le fonctionnement de notre cerveau et fait de nous ce que nous sommes. Dans Vice-Versa tout est (heureusement !) très fortement schématisé et simplifié, et c’est à mon sens la personnification des émotions qui permet cette fluidité de compréhension.

Tout au long de ce film, nous découvrons différents endroits du cerveau et apprenons beaucoup sur notre propre fonctionnement sans même nous en rendre compte.
Si l’on se penche sur le sujet on remarque cette manière d’illustrer le mécanisme de stockage de la mémoire : de longs tubes qui se séparent selon le type de stockage requis – mémoire sensorielle, mémoire à court terme ou encore mémoire à long terme. Cette dernière est représentée par d’immenses bibliothèques dans lesquelles les souvenirs sont alors rangés. Cet espèce de labyrinthe d’étagères de données montre ainsi la capacité de stockage quasiment infinie du cerveau humain. D’ailleurs, au cours du long-métrage on voit qu’il nous arrive d’y piocher certaines brides du passé, que nous teintons alors d’émotion(s) en les réactivant. Ces petites morceaux du passé sont ce que nous qualifions plus communément de souvenirs. En revanche, lorsque certains de ces souvenirs ne sont pas activés depuis un certain temps, ils sont oubliés volontairement par le cerveau. Ici, les auteurs ont choisis de représenter cet oubli par une session de nettoyage avec un aspirateur déversant alors les souvenirs dans un gouffre où ils finissent par disparaître sous forme de poussière.

En y regardant d’un peu plus près, on constate que les émotions, qui prennent littéralement vie dans ce dessin-animé sont au nombre de cinq. Et ce n’est pas un hasard. En effet la joie, la tristesse, la colère, la peur et le dégoût sont ce que l’on appelle les émotions fondamentales, ou encore universelles, car elles sont communes à tous. Vous l’aurez compris, qu’on le veuille ou non, nous ressentons donc tous à un moment ou un autre, ces émotions.

Les petites créatures qui représentent ces émotions ont chacune une couleur bien précise, couleur qui teinte alors une bille, métaphore du souvenir créé par le personnage principal. On découvre au cours du film que certaines de ces billes peuvent alors changer de couleur et passer ainsi du jaune de la joie, au bleu de la tristesse, donnant alors naissance aux dérivés des émotions principales.
Parmi ces dérivés on trouve par exemple la mélancolie, qui se veut être un mélange de joie et de tristesse, et c’est d’ailleurs ce dont il est question ici lorsque les billes passent du jaune au bleu faisant découvrir à la petite Riley, 11 ans, cette nouvelle émotion. Les réalisateurs mettent en image ce ressenti, et on s’aperçoit alors que le chamboulement lié au déménagement de la petite fille en pleine phase de transition entre l’enfance et l’adolescence, n’a pas lieu que dans sa vie, mais aussi dans sa tête. C’est alors que certains souvenirs jusqu’ici heureux, s’emplissent de tristesse car ils touchent à des faits ou des personnes ne faisant plus partie du présent, c’est ainsi que la personnalité du personnage se créée, faisant place à un univers plus complexe bien loin de la simplicité des ressentis de l’enfance.

Donner vie aux émotions qui nous constituent a permis de rendre ludiques et accessibles à tous des notions assez abstraites et complexes. Ainsi, même le jeune public comprend que tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait et qu’il n’est pas possible d’être toujours heureux. En effet, les réalisateurs peuvent se targuer d’avoir délicatement illustré le fait que pour être heureux, il faut bien souvent passer par la case tristesse. Que les disputes et autres déceptions sont nécessaires pour avancer, et que si parfois elles permettent de se réconcilier, il est aussi possible que l’issue soit tout autre. La tristesse qui en découle, comme pour Riley lorsqu’elle comprend que sa meilleure amie d’enfance l’a remplacée par une autre fille super cool, est pénible à supporter sur le moment mais elle n’en est pas moins indispensable pour avancer, se construire et surtout, grandir.

Bienvenue dans la réalité !

Les studios Disney-Pixar s’offrent donc avec Vice-Versa, le luxe d’un film d’animations loin des clichés du monde tout beau, rose et féerique qui leur sont habituellement attribués, mais par-dessus tout, cela prouve que les dessins-animés peuvent être instructifs et qu’ils ne sont uniquement réservés aux enfants.
Si vous ne l’avez pas encore vu, il est encore temps de filer dans le cinéma le plus proche de chez vous !

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